Une personne peut épargner pour ses vieux jours. Un pays ne peut pas le faire
pour la prochaine génération, ou que très partiellement. A la retraite, on
consomme des biens et services produits par la génération active qui doit donc
céder une partie de ses revenus sous forme de cotisations sociales, d’impôts,
mais aussi de loyers ou d’intérêts pour des actifs appartenant encore à la
génération précédente.
Dans nos sociétés, on est productif moins de la moitié de sa vie - entre 25 et
65 ans - et entretenu l’autre moitié. Jusqu’à 20 ou 25 ans, à ce que dépense
les parents s’ajoutent nombre de services publics financés essentiellement par
l’impôt. A la retraite, les cotisations sociales – chez nous l’AVS – sont
financées par les actifs. Notre deuxième pilier l’est également dans la mesure
où aux capitaux dépensés par les retraités correspondent les cotisations des
actifs. Sans croissance démographique, chaque actif partage donc les revenus de
ce qu’il produit avec un inactif. Chez nous, on s’efforce de rendre ces charges
moins douloureuses : payer pour ses enfants est considéré comme bien plus
normal que payer des impôts pour l’aide sociale. Payer un deuxième ou un
troisième pilier dont on profitera l’est aussi. Reste que pour que le système
fonctionne, il faut avoir la certitude que la part des ses revenus qu’on est
prêt à céder pour les retraités c’est aussi la part que l’on recevra à sa
retraite. Quoi de mieux pour saper cette certitude que marteler, année après
année, que l’AVS et les caisses de pensions seront inévitablement en déficit.
DP s’en est bien expliqué.http://www.domainepublic.ch/articles/22338 Jusqu’à
présent, la croissance de la population active a fait qu’il y avait toujours
bien plus de deux actifs pour un retraité, qui de plus ne recevait qu’une
faible part de son revenu antérieur.
Il faut comprendre que les retraités de demain – les actifs d’aujourd’hui – ne toucheront comme retraite que ce que voudrons bien leur laisser la société de demain, la part du revenu national qu’elle voudra bien céder sous forme de cotisations sociales, de rémunérations des capitaux accumulés par la génération précédente ou d’impôts. Le système de retraite n’est donc qu’un contrat entre générations : je paie pour les retraités d’aujourd’hui, la prochaine génération paiera pour moi. Or les incessantes discussions sur les soi-disant risques de déficits de l’AVS et sur la fragilité d’un deuxième pilier incapable de tenir ses engagements font croire à ceux qui entrent dans leur vie active, qu’ils paient des cotisations dont ils ne retireront rien ou presque rien. Rompre ce contrat de générations, réduire ou ne plus payer de cotisations, c’est, avec le système de redistribution de l’AVS, ne plus payer les rentes de ceux qui ont cotisés toute leur vie. C’est aussi ne plus rien recevoir, le moment venu, à sa propre retraite. Certes, on ne laissera vraisemblablement personne mourir de faim : la génération d’actif, les personnes qui ont de la fortune devront donc bien leur céder une partie du revenu national : ce sera alors par l’impôt appelé à financer l’aide sociale.
A la création de l’AVS, les rentes ont pu être payées à ceux qui n’avaient pas pu cotiser. Il faut tout faire pour éviter qu’un jour ceux qui ont cotisé ne reçoivent plus de rentes parce que la génération suivante aurait perdu confiance en l’avenir du système. Or même si demain, la démographie devait amener à ce qu’il n’y ait plus que deux actifs pour financer une rente, comme le prédisent régulièrement nos cassandres, ce sera à la génération concernée de décider quelle part du revenu national consacrer aux personnes âgées. L’essentiel, ce ne sont ni l’âge de la retraite ni le taux de cotisation ou d’impôts mais l’évolution du produit national. Celui-ci pourrait, par exemple avec un taux de croissance annuelle de 2.5%, augmenter de 50% d’ici 2030, date pour laquelle l’Université de St-Gall tire une fois de plus la sonnette d’alarme.
Le deuxième pilier pose un problème particulier en donnant l’illusion qu’en épargnant on ne dépendra pas alors de la solidarité des générations actives. Or rien n’est plus faux : lorsque tout un pays épargne pour ses vieux jours c’est une partie du produit national qui n’est pas consommé et qu’il est progressivement toujours plus difficile d’investir productivement. Cet excédant d’épargne est un frein à la croissance économique qui devrait alors être soutenue par des déficits budgétaires. Il oblige aussi de trouver d’autres placements, souvent spéculatifs. La baisse des taux d’intérêt qui en résulte plombe le rendement des capitaux et oblige les caisses de pensions à réduire leurs prestations. L’argent accumulé, notamment le deuxième pilier, ne peut contribuer aux dépenses des retraités que parce que les actifs épargnent les montants correspondants en cotisant à leur caisse de pensions. Si demain l’on cherchait à dépenser les capitaux du deuxième pilier, plus de 800 milliards – l’effet inflationniste serait tel qu’ils perdraient l’essentiel de leur valeur.
Là aussi, un système de répartition, tel celui de l’AVS, et longtemps de la plupart des caisses de retraites publiques, offrirait une meilleure garantie et surtout une meilleure transparence de la façon dont se réparti le revenu national entre actifs et retraités. C’était l’objet aussi, dans les années 1970 d’une initiative pour une véritable retraite populaire qui aurait mérité un meilleur soutien. http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis95t.html
Il est temps que ceux pour qui le démantèlement social semble être l’objectif essentiel cessent de souffler sur le feu et d’affoler la population sur l’avenir de l’AVS et des caisses de pensions. Le véritable enjeu c’est la confiance dans un système de retraite qui a fait ses preuves et qui repose uniquement sur un contrat entre génération où il s’agit de garantir à ceux qui paient que leurs retraites seront assurées. C’est un engagement qui mériterait d’être solennellement confirmé et régulièrement rappelé. La façon d’y parvenir peut alors être adaptée régulièrement en fonction de la situation économique, démographique et sociale.
Il faut comprendre que les retraités de demain – les actifs d’aujourd’hui – ne toucheront comme retraite que ce que voudrons bien leur laisser la société de demain, la part du revenu national qu’elle voudra bien céder sous forme de cotisations sociales, de rémunérations des capitaux accumulés par la génération précédente ou d’impôts. Le système de retraite n’est donc qu’un contrat entre générations : je paie pour les retraités d’aujourd’hui, la prochaine génération paiera pour moi. Or les incessantes discussions sur les soi-disant risques de déficits de l’AVS et sur la fragilité d’un deuxième pilier incapable de tenir ses engagements font croire à ceux qui entrent dans leur vie active, qu’ils paient des cotisations dont ils ne retireront rien ou presque rien. Rompre ce contrat de générations, réduire ou ne plus payer de cotisations, c’est, avec le système de redistribution de l’AVS, ne plus payer les rentes de ceux qui ont cotisés toute leur vie. C’est aussi ne plus rien recevoir, le moment venu, à sa propre retraite. Certes, on ne laissera vraisemblablement personne mourir de faim : la génération d’actif, les personnes qui ont de la fortune devront donc bien leur céder une partie du revenu national : ce sera alors par l’impôt appelé à financer l’aide sociale.
A la création de l’AVS, les rentes ont pu être payées à ceux qui n’avaient pas pu cotiser. Il faut tout faire pour éviter qu’un jour ceux qui ont cotisé ne reçoivent plus de rentes parce que la génération suivante aurait perdu confiance en l’avenir du système. Or même si demain, la démographie devait amener à ce qu’il n’y ait plus que deux actifs pour financer une rente, comme le prédisent régulièrement nos cassandres, ce sera à la génération concernée de décider quelle part du revenu national consacrer aux personnes âgées. L’essentiel, ce ne sont ni l’âge de la retraite ni le taux de cotisation ou d’impôts mais l’évolution du produit national. Celui-ci pourrait, par exemple avec un taux de croissance annuelle de 2.5%, augmenter de 50% d’ici 2030, date pour laquelle l’Université de St-Gall tire une fois de plus la sonnette d’alarme.
Le deuxième pilier pose un problème particulier en donnant l’illusion qu’en épargnant on ne dépendra pas alors de la solidarité des générations actives. Or rien n’est plus faux : lorsque tout un pays épargne pour ses vieux jours c’est une partie du produit national qui n’est pas consommé et qu’il est progressivement toujours plus difficile d’investir productivement. Cet excédant d’épargne est un frein à la croissance économique qui devrait alors être soutenue par des déficits budgétaires. Il oblige aussi de trouver d’autres placements, souvent spéculatifs. La baisse des taux d’intérêt qui en résulte plombe le rendement des capitaux et oblige les caisses de pensions à réduire leurs prestations. L’argent accumulé, notamment le deuxième pilier, ne peut contribuer aux dépenses des retraités que parce que les actifs épargnent les montants correspondants en cotisant à leur caisse de pensions. Si demain l’on cherchait à dépenser les capitaux du deuxième pilier, plus de 800 milliards – l’effet inflationniste serait tel qu’ils perdraient l’essentiel de leur valeur.
Là aussi, un système de répartition, tel celui de l’AVS, et longtemps de la plupart des caisses de retraites publiques, offrirait une meilleure garantie et surtout une meilleure transparence de la façon dont se réparti le revenu national entre actifs et retraités. C’était l’objet aussi, dans les années 1970 d’une initiative pour une véritable retraite populaire qui aurait mérité un meilleur soutien. http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis95t.html
Il est temps que ceux pour qui le démantèlement social semble être l’objectif essentiel cessent de souffler sur le feu et d’affoler la population sur l’avenir de l’AVS et des caisses de pensions. Le véritable enjeu c’est la confiance dans un système de retraite qui a fait ses preuves et qui repose uniquement sur un contrat entre génération où il s’agit de garantir à ceux qui paient que leurs retraites seront assurées. C’est un engagement qui mériterait d’être solennellement confirmé et régulièrement rappelé. La façon d’y parvenir peut alors être adaptée régulièrement en fonction de la situation économique, démographique et sociale.
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